La Ville de Paris vient de voter son budget – 7,1 milliards d’euros, le plus important d’une collectivité locale – avec une augmentation de 9 % des
taxes locales directes (habitation, foncières et professionnelle) et la création d’une taxe foncière départementale.
Delanoë vient d’augmenter massivement les impôts pour 2009… C’est du matraquage. La
hausse est bien plus forte que ce qu’il prétend. La taxe d’habitation et les taxes foncières vont augmenter de 9 %, ce qui est déjà considérable. Mais il faut y ajouter les 3 % de la nouvelle
taxe départementale créée par Delanoë. Du jamais vu ! De toutes les grandes villes de France, c’est à Paris que les impôts vont le plus augmenter cette année.
Qui seront les plus touchés ? Tous les Parisiens seront touchés. Les propriétaires vont,
ainsi, voir leurs taux de taxes foncières augmenter de… 54,9 %. Delanoë est de mauvaise foi quand il conteste ce chiffre. Car il est issu de son propre budget. En 2008, la Ville de Paris
avait perçu pour 450 mil lions d’euros de taxes fon cières. En 2009, elle ponctionnera près de 700 millions. Alors que le nombre de propriétaires est resté stable. Cela fait bien 54,9 % de
plus.
Les locataires seront-ils moins touchés ? La taxe d’habitation va augmenter de 11,5 %. Mais il leur faudra en plus payer les conséquences de la hausse des taxes foncières pour les
propriétaires louant leur appartement. Croyez-vous que les proprié taires bailleurs ne vont pas répercuter leurs hausses de taxes sur les loca taires ? Pour compenser, ils vont augmenter soit
les loyers, soit les charges, soit les deux. Et ce, à l’heure où les Français traversent une période de baisse du pouvoir d’achat…
Comment en est-on arrivé là ? Parce que Delanoë n’a plus de marge de manœuvre. Deux
raisons à cela. La première : il a dépensé sans compter : 8 000 agents em bauchés depuis son élection ! La seconde : il est de venu spéculo-dépendant. Le comble pour un socialiste ! Avec la
hausse des prix dans l’immobilier, les droits de mutation, touchés par la Ville sur les transactions, n’ont cessé d’augmenter. Cette manne, tombant dans les poches de Delanoë, atteignait 900
millions d’euros en 2008. Cette année, avec la crise, elle va baisser de 150 millions. Un manque à gagner qui, ajouté à ses gaspillages, contraint le maire de Paris à augmenter les
impôts.
Mais Delanoë, qui a été aisément réélu, assure que les services aux Parisiens se sont améliorés… Là encore, c’est du bluff. La vérité, c’est que son refus dogmatique de favo riser la création de crèches associatives, privées ou d’entreprise, entraîne une liste
d’attente, non satisfaite, de 15 000 de mandeurs pour des places de crèches. La vérité, c’est aussi que la propreté et la circulation, cha cun peut le constater, ne se sont pas améliorées. La
vérité, c’est encore le chômage qui, à Paris, est supérieur à celui de l’Île-de-France, alors que toutes les villes capitales d’Europe connaissent un chômage inférieur à celui de leur
région.
Comment jugez-vous son bilan en matière de logements sociaux ? C’est simple. Il y a
aujourd’hui plus de 100 000 de mandeurs de logements sociaux. Soit davantage qu’à son arrivée en 2001 ! Sa politique est en trompe l’œil : il ne construit pas de nouveaux logements sociaux,
il rachète à prix d’or (notamment dans les arrondissements de droite) des immeubles, qu’il bascule dans le social. Mais les occupants des appartements ne quittent pas les lieux. Il n’y a donc
pas d’offre nouvelle dans le logement social. En revanche, il assèche encore un peu plus l’offre dans le privé. Résultat : le prix des loyers continue à grimper. Et les familles désertent
Paris. J’ajoute que 80 % des logements sociaux attribués le sont à des demandeurs se situant à 60 % en deçà du plafond de ressources, ce qui a pour conséquence de faire péricliter les
commerces de proximité. Et de créer des ghettos. Or, la mixité sociale, c’est l’inverse : ce sont des logements sociaux pour tous, pour les plus bas salaires, comme pour les classes moyennes.
Celles-ci ont été abandonnées par le maire de Paris.
Quel jugement portez-vous sur sa politique en matière de sécurité ? Il n’en parle jamais
pour des raisons là encore dogmatiques. Regardez ces atermoiements sur la vidéosurveillance ! C’est pathétique. Il n’a accepté le plan “1 000 caméras” que du bout des lèvres, quand il en
faudrait deux fois plus.
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