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De nombreux Américains, de nombreuses personnes dans le monde
croient que la politique d’Obama va être aux antipodes de celle du gouvernement Bush. Or à voir les per sonnes qu’Obama a désignées récemment, on se demande dans quelle mesure le nouveau
président est un néoconservateur. Certes, il ne ressemble pas à cent pour cent à McCain mais il appartient à cette tendance.
Alors qu’avant son élection, très peu de néoconservateurs, comme Ken Adelman, soutenaient Obama, ils sont maintenant nombreux à être enthousiasmés par ses choix. Comme l’écrit le néoconservateur Max Boot, «je dois reconnaître que je suis sidéré par ces nominations, dont la plupart auraient aussi bien pu venir de McCain». David Brooks est presque aussi euphorique: «Croyez-moi, j’essaie de ne pas m’associer à la puissante obamania qui déferle sur la haute bourgeoisie côtière, mais les choix ont été exceptionnels. Les événements des deux dernières semaines devraient rassurer tous ceux qui craignaient qu’Obama virerait à gauche ou allait s’automutiler en raison de son inexpérience. Il se prépare à un départ qui justifie presque l’énorme battage médiatique.»Richard Perle se dit «soulagé»: «Contrairement à ce à quoi on pouvait s’attendre, je ne crois pas qu’il va y avoir beaucoup de changements». La néoconservatrice Mona Charen écrit: «La superstition m’interdit presque de commenter les nominations effectuées jusqu’ici par le président élu Obama. La nouvelle a été tellement bien accueillie que j’hésite à la commenter de peur de rompre le charme.»
Le journaliste Robert Dreyfuss fait remarquer que le gouvernement Obama ne pratiquera probablement pas la même politique irakienne que les néoconservateurs, qu’il va retirer des troupes avec le temps (disons: peut-être), qu’il n’aura pas recours à la rhétorique belliqueuse de l’administration Bush et qu’il coopérera mieux avec la communauté internationale.Cependant, aujourd’hui, la question principale des néoconservateurs et d’Israël est l’Iran. Or le gouvernement d’Obama se montre très belliqueux à l’égard de l’Iran. Que l’on se souvienne qu’Hillary Clinton a déclaré qu’il faudrait le détruire s’il attaquait Israël. Dreyfuss écrit: «En ce qui concerne l’Iran, il est bien trop tôt pour renvoyer les faucons. Ils agissent à coup sûr à l’écart des allées du pouvoir mais ils ont plus d’amis dans le camp Obama que ne le croient la plupart des gens. Plusieurs conseillers importants d’Obama - notamment Tony Lake, Susan Rice, future ambassadrice à l’ONU, Tom Daschle, Dennis Ross, de même que des faucons démocrates influents comme Richard Holbrooke, proches du vice-président élu Joe Biden ou de la Secrétaire d’Etat désignée Hillary Clinton - ont fait cause commune avec les faucons va-t-en-guerre du Washington Institute for Near East Policy (WINEP), de l’American Enterprise Institute (AEI) et d’autres instituts partisans de la force.» Dreyfuss montre que ces individus continuent d’être proches des néoconservateurs: «Les organisations comme le WINEP, l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), l’AEI, le BPC (Bipartisan Policy Center) et l’UANI (United Against Nuclear Iran) estiment avoir pour mission d’entraîner les Etats-Unis dans une épreuve de force avec l’Iran. Ne minimisez pas leur importance. Ceux qui croient qu’une telle confrontation serait inconcevable sous le président Obama devraient demander à Tony Lake, Susan Rice, Dennis Ross, Tom Daschle et Richard Holbrooke s’ils sont d’accord, et si c’est le cas, pourquoi ils continuent de copiner avec les faucons néo-conservateurs.»
Je pense qu’en fait, les néoconservateurs ont réussi à convaincre de leurs idées le courant dominant malgré le fiasco irakien. Obama va-t-il choisir de faire la guerre à l’Iran? Bien que cela ne soit pas absolument certain, l’hypothèse n’est pas exclue.
Voici un scénario possible: Le gouvernement Obama va probablement se concentrer tout d’abord presque totalement sur l’économie et reléguer au second plan la
politique étrangère. Quand tous les plans de sauvetage et les incitations commerciales et financières auront échoué à relancer l’économie, il sera alors temps de jouer la carte de la
guerre.
La persistance de la mauvaise situation économique pourrait inciter à détourner l’attention des problèmes intérieurs pour la diriger vers les guerres à
l’extérieur. Obama, qui a l’image d’un homme de paix, aura une plus grande crédibilité que Bush ou McCain auprès du peuple américain pour
adopter une politique dure envers l’Iran, en particulier après avoir tenté des efforts diploma tiques sans offrir de contrepartie substantielle à l’Iran.
Obama sera alors poussé dans cette direction par les néoconservateurs hors de son gouvernement et les faucons au sein de celui-ci.
Une fois que la diplomatie aura échoué, des mesures plus dures seront envisagées comme étant la seule alternative face à un ennemi prétendument intransigeant. Des mesures comme un blocus maritime provoqueront probablement un conflit militaire qui justifiera le bombardement de l’Iran. La réponse iranienne aux efforts faits pour empêcher la navigation dans le golfe Persique entraînera une escalade vers une guerre de plus grande ampleur.
De nombreux Américains, de nombreuses personnes dans le monde croient que la politique d’Obama va être aux antipodes de celle du gouvernement Bush.
Or à voir les per sonnes qu’Obama a désignées récemment, on se demande dans quelle mesure le nouveau président est un néoconservateur. Certes, il ne ressemble pas à cent pour cent à
McCain mais il appartient à cette tendance.
Alors qu’avant son élection, très peu de néoconservateurs, comme Ken Adelman, soutenaient Obama, ils sont maintenant nombreux à être enthousiasmés par ses
choix. Comme l’écrit le néoconservateur Max Boot, «je dois reconnaître que je suis sidéré par ces nominations, dont la plupart auraient aussi bien pu venir de McCain». David Brooks
est
presque aussi euphorique: «Croyez-moi, j’essaie de ne pas m’associer à la puissante obamania qui déferle sur la haute bourgeoisie côtière, mais les choix ont été exceptionnels. Les
événements des deux dernières semaines devraient rassurer tous ceux qui craignaient qu’Obama virerait à gauche ou allait s’automutiler en raison de son inexpérience. Il se prépare à un
départ qui justifie presque l’énorme battage médiatique.» Richard Perle se dit «soulagé»: «Contrairement à ce à quoi on pouvait
s’attendre, je ne crois pas qu’il va y avoir beaucoup de changements». La néoconservatrice Mona Charen écrit: «La superstition m’interdit
presque de commenter les nominations effectuées jusqu’ici par le président élu Obama. La nouvelle a été tellement bien accueillie que j’hésite à la commenter de peur de rompre le
charme.»
Le journaliste Robert Dreyfuss fait remarquer que le gouvernement Obama ne pratiquera probablement pas la même politique irakienne que les néoconservateurs, qu’il va retirer des troupes avec le temps (disons: peut-être), qu’il n’aura pas recours à la rhétorique belliqueuse de l’administration Bush et qu’il coopérera mieux avec la communauté internationale. Cependant, aujourd’hui, la question principale des néoconservateurs et d’Israël est l’Iran. Or le gouvernement d’Obama se montre très belliqueux à l’égard de l’Iran. Que l’on se souvienne qu’Hillary Clinton a déclaré qu’il faudrait le détruire s’il attaquait Israël.
Dreyfuss écrit: «En ce qui concerne l’Iran, il est bien trop tôt pour renvoyer les faucons. Ils agissent à coup sûr à l’écart des allées du pouvoir mais ils ont plus d’amis dans le camp Obama que ne le croient la plupart des gens. Plusieurs conseillers importants d’Obama – notamment Tony Lake, Susan Rice, future ambassadrice à l’ONU, Tom Daschle, Dennis Ross, de même que des faucons démocrates influents comme Richard Holbrooke, proches du vice-président élu Joe Biden ou de la Secrétaire d’Etat désignée Hillary Clinton – ont fait cause commune avec les faucons va-t-en-guerre du Washington Institute for Near East Policy (WINEP), de l’American Enterprise Institute (AEI) et d’autres instituts partisans de la force.» Dreyfuss montre que ces individus continuent d’être proches des néoconservateurs: «Les organisations comme le WINEP, l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), l’AEI, le BPC (Bipartisan Policy Center) et l’UANI (United Against Nuclear Iran) estiment avoir pour mission d’entraîner les Etats-Unis dans une épreuve de force avec l’Iran. Ne minimisez pas leur importance. Ceux qui croient qu’une telle confrontation serait inconcevable sous le président Obama devraient demander à Tony Lake, Susan Rice, Dennis Ross, Tom Daschle et Richard Holbrooke s’ils sont d’accord, et si c’est le cas, pourquoi ils continuent de copiner avec les faucons néo-conservateurs.»
"Je pense qu’en fait, les néoconservateurs ont réussi à convaincre de leurs idées le courant dominant malgré le fiasco irakien. Obama va-t-il choisir de faire la guerre à l’Iran? Bien que
cela ne soit pas absolument certain, l’hypothèse n’est pas exclue.
Voici un scénario possible: Le gouvernement Obama va probablement se concentrer tout d’abord presque totalement sur l’économie et reléguer au second plan la politique
étrangère. Quand tous les plans de sauvetage et les incitations commerciales et financières auront échoué à relancer l’économie, il sera
alors temps de jouer la carte de la guerre.
La persistance de la mauvaise situation économique pourrait inciter à détourner l’attention des problèmes intérieurs pour la diriger vers les guerres à l’extérieur. Obama, qui a
l’image d’un homme de paix, aura une plus grande crédibilité que Bush ou McCain auprès du peuple américain pour adopter une politique dure envers l’Iran, en particulier après avoir tenté
des efforts diploma tiques sans offrir de contrepartie substantielle à l’Iran.
Obama sera alors poussé dans cette direction par les néoconservateurs hors de son gouvernement et les faucons au sein de celui-ci.
Une fois que la diplomatie aura échoué, des mesures plus dures seront envisagées comme étant la seule alternative face à un ennemi prétendument
intransigeant. Des mesures comme un blocus maritime provoqueront probablement un conflit militaire qui justifiera le bombardement de
l’Iran. La réponse iranienne aux efforts faits pour empêcher la navigation dans le golfe Persique entraînera une escalade vers une guerre de
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