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Les Régionales en mire - Le nouvel  EDITO de Kelly-Eric Guillon

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Vendredi 19 septembre 2008 5 19 /09 /2008 10:46
- Par L' Aviseur - Publié dans : Réflexions - Ecrire un commentaire
Tzipi Livni lors de l'élection du leader du parti centriste Kadima, le 17 septembre 2008 à Tel Aviv
Tzipi Livni lors de l'élection du leader du parti centriste Kadima, le 17 septembre 2008 à Tel Aviv
Jonathan Nackstrand(AFP/Archives)

La nouvelle dirigeante du parti au pouvoir Kadima, la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni, réunissait vendredi sa direction afin de resserrer les rangs après sa courte victoire.

Mme Livni, élue mercredi à la tête de cette formation centriste lors des primaires du Kadima a convoqué près de Tel-Aviv le groupe parlementaire et les ministres du parti, alors qu'elle engageait ses tractations pour la formation d'un nouveau gouvernement.

Sa tâche s'annonce difficile après une victoire à l'arraché sur son rival, le ministre des Transports Shaul Mofaz, aux primaires du parti centriste et compte tenu des fortes réticences des partenaires de l'actuelle coalition.

M. Mofaz devrait d'ailleurs être le grand absent à la réunion de vendredi, lui qui a provoqué jeudi la surprise en annonçant qu'il se retirait provisoirement de la vie politique après sa défaite aux primaires.

"J'ai besoin d'une pause pour décider de mon avenir", a-t-il expliqué devant ses partisans à son quartier général de campagne.

M. Mofaz exprimait son mécontentement, selon ses proches, suite à des irrégularités, qui selon eux se sont produites au cours des primaires, et notamment du fait que la fermeture de certains bureaux de votes ait été repoussée alors que les télévisions annonçaient une victoire nette de Mme Livni, à partir de sondages de sortie des urnes.

Mme Livni a engagé dès jeudi la seconde manche de sa course au pouvoir, annonçant son intention de former au "plus vite" un nouveau gouvernement.

Selon les médias israéliens, elle devait voir jeudi soir Eli Yishaï, chef du parti ultra-orthodoxe Shass ainsi que Avi Dichter et Meir Meïr Shetreet, qui étaient également candidats à la tête de Kadima. Elle doit aussi rencontrer vendredi matin M. Mofaz.

Le sort de la future coalition que Mme Livni entend former dépend en effet de la position du Shass. M. Yishaï, actuel vice-Premier ministre, a déjà posé des conditions à la participation de son parti à un gouvernement Livni. Il a exigé qu'un tel gouvernement "écarte toute négociation sur l'avenir de Jérusalem". Le statut futur de la partie orientale de la ville, annexée par Israël après sa conquête en juin 1967, constitue une des principales pierres d'achoppement dans les pourparlers avec les Palestiniens.

Il a aussi exigé une hausse des allocations familiales, qu'a exclue jusqu'à présent Mme Livni.

Après la démission prochaine du Premier ministre Ehud Olmert, Mme Livni disposera d'un délai de 42 jours pour rassembler une nouvelle majorité, faute de quoi des élections anticipées pourraient avoir lieu dans les 90 jours. Elle pourra compter sur sa popularité et sa réputation de battante fondée sur une ascension politique fulgurante. C'est également une "Mme propre", non éclaboussée par des scandales de corruption, qui ont forcé l'actuel Premier ministre Ehud Olmert a annoncer sa démission prochaine.

"Si Tzipi Livni l'a emporté, c'est avant tout parce que l'opinion publique aspire à un autre type de dirigeant", estime jeudi le quotidien israélien Yediot Aharonot. "Je vais commencer dès demain (jeudi) à rencontrer les représentants des autres formations de la Knesset (parlement) pour former au plus vite une nouvelle coalition stable face aux graves défis" auxquels Israël fait face, a déclaré Mme Livni aux journalistes après l'annonce de sa victoire.

Parmi ces défis figurent "les menaces extérieures" sur la sécurité d'Israël, la nécessité "d'exploiter les chances" de faire avancer le processus de paix avec les Palestiniens et les "incertitudes économiques", dues aux retombées de la crise mondiale. Elle a appelé par ailleurs à "l'union" au sein du Kadima, après la bataille interne pour la direction du parti. Son rival, Shaul Mofaz, ainsi que M. Olmert lui ont téléphoné pour la féliciter.

Mme Livni, pragmatique sans être une "colombe", l'a emporté de 431 voix seulement, avec 43,1% des suffrages exprimés contre 42% pour Shaul Mofaz, considéré comme un "faucon". M. Olmert, mis en cause dans plusieurs affaires de corruption, devrait annoncer dimanche au cabinet sa décision de démissionner. Il restera à la tête d'un gouvernement de transition, le temps qu'un nouveau cabinet soit formé.

Selon la législation israélienne, Mme Livni doit être désignée comme candidate au poste de Premier ministre par le président Shimon Peres qui doit se rendre à New York pour la session annuelle des Nations unies, la semaine prochaine.

Le négociateur palestinien Saëb Erakat a exprimé l'espoir que la victoire de Tzipi Livni entraînerait des négociations "sérieuses" alors qu'Israéliens et Palestiniens tentent de parvenir à un accord de paix avant la fin de l'année.

Le mouvement islamiste Hamas qui contrôle la bande de Gaza a estimé pour sa part qu'une arrivée au pouvoir en Israël de Mme Livni signifierait "la poursuite de la politique d'agression" contre le peuple palestinien.



 Israël: Tzipi Livni réunit la direction de son parti affaibli...

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Tzipi Livni : du Mossad à la tête du gouvernement ?

Israël / jeudi 18 septembre par Doug Ireland
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Petite Tzipi a bien grandi. Tzipi Livni, l’ancien ministre des Affaires Etrangères du gouvernement Olmert, a pris hier 17 septembre la tête du parti Kadima, qui s’accroche au pouvoir. Et s’est mise, bille en tête, à la recherche d’alliés pour former un nouveau gouvernement… comme l’avait prédit Bakchich, qui lui avait consacré un long portrait cet été.

Papier paru le 23 juin 2008

Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, est tellement plombé par les affaires de corruption dans lesquelles il est empêtré qu’en Israël on en réfère au film hollywoodien de Tim Robbins « La dernière marche » (Dead man walking en VO) pour parler de lui. Signe qu’il y a le feu au lac, le propre parti d’Olmert, Kadima, a décidé, la semaine dernière, d’organiser une primaire pour désigner son remplaçant à la tête de Kadima et comme candidat au poste de Premier ministre à l’automne. Et déjà quatre prétendants — tous des membres de son gouvernement — se bousculent au portillon : son ministre de l’Intérieur, Meir Sheetrit ; son ministre de la Sécurité publique et ancien chef du Shin Bet, le service israélien de sécurité intérieure, Avi Dichter ; son ministre des Transports et ancien chef d’Etat-major de l’armée, Shaul Mofaz ; ainsi que sa ministre des Affaires Etrangères et numéro deux de Kadima, Tzipi Livni.

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La nouvelle patron de Kadima en route vers le poste de Premier ministre, Tzipi Livni

Si Shaul Mofaz, qui a débuté sa campagne interne au parti dès le lendemain des législatives de 2006, bénéficie du plus grand soutien à l’intérieur de Kadima, Tzipi Livni est, elle, plébiscitée par les électeurs dans les sondages. Ainsi, selon une étude pour le quotidien de référence Haaretz publiée le 1er juin, avec Tzipi Livni à sa tête, Kadima remporterait 23 sièges à la Knesset, contre 29 pour le Likoud emmené par Benyamin Netanyahu et 15 pour le parti travailliste d’Ehud Barak. Et quelques semaines auparavant, un sondage, réalisé cette fois pour le quotidien populaire Yedioth Ahronoth montrait Livni gagnant 3 sièges de plus à la Knesset que Netanyahu. Une bonne place dans les sondages qui a son importance car, si les prochaines élections législatives sont programmées pour 2010, il est fort probable qu’elles se tiennent de façon anticipée en novembre prochain.

Des racines qui plongent dans la droite pure et dure

Du haut de ses 48 ans qu’elle ne fait pas, Tzipi Livni puise ses racines dans la droite israélienne pure et dure. Ses parents, nés en Pologne, étaient tous deux membres de l’Irgoun, l’organisation clandestine terroriste qui combattait le colonialisme britannique avant la création de l’Etat d’Israël en 1948 et ont été arrêtés par les Anglais pour des actes de terrorisme. Son père était le chef des opérations de l’Irgoun. A ce titre, en 1946 et sur ordre de Menachem Begin, il a organisé le célèbre attentat à la bombe contre l’hôtel King David, où se trouvait le QG britannique, et qui a coûté la vie à 91 Anglais, Arabes et Juifs. Plus tard et toujours aux côtés de Begin, papa Livni a été l’un des architectes de la naissance du Likoud et de la victoire du parti qui a porté Begin au pouvoir en 1977.

Après le décès de son père, Tzipi Livini, qui cherchait à succéder à son paternel à la Knesset sur le ticket du Likoud, a opté pour un slogan bien particulier : « Mon nom est une institution. » Un slogan lourd de sens car, en hébreu, le mot « institution » signifie Mossad, le nom des services secrets israéliens. Dans le passé, Tzipi Livini a travaillé comme agent pour le Mossad mais on ne sait pas avec exactitude pour combien de temps ni pour quelles missions car elle refuse encore aujourd’hui d’en parler. On sait toutefois qu’elle a été un agent clé en Europe pour au moins quatre ans, dans les années 80. Et notamment en France — elle est francophone — où elle a dirigé une « safe house » (maison sécurisée servant de base arrière ou de lieu de repli) pour ses collègues du Mossad au moment où le service entamait une campagne d’assassinats en Europe. Elle était notamment en poste en France en 1980, lorsqu’un scientifique égyptien spécialisé dans le nucléaire et travaillant pour Saddam Hussein a été assassiné dans la chambre de son hôtel parisien par le Mossad. Le gouvernement israélien a refusé de confirmer officiellement que le service était derrière cet assassinat mais le Premier ministre de l’époque, Menachem Begin, a glissé un jour à un journaliste américain qu’il espérait que la France qui aidait l’Irak avait« appris la leçon ».

Tzipi Livni était toujours en poste en Europe lorsque un dirigeant de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine), Mamoun Meraish, a été tué par des balles tirées par un agent du Mossad à Athènes, en Grèce, en 1983. Un assassinat où, pour le Times de Londres en date du 1er juin 2008, Tzipi Livni était impliquée. A la suite du meurtre de Mamoun Meraish, Livni est rentrée en Israël pour reprendre ses études de droit. En cause selon le Times, de trop fortes « pressions » dans son boulot d’agent secret. Etait-elle elle-même l’un des tueurs dans cet assassinat et dans d’autres, comme le prétend la presse britannique ?

Dans le sillage d’Ariel Sharon

Mystère, mais toujours est-il que lorsqu’elle se lance dans la politique au sein du Likoud, elle devient vite une disciple d’Ariel Sharon, l’homme qu’une commission officielle israélienne a désigné comme étant « personnellement responsable » du massacre dans les camps de réfugiés de Sabra et Shatila, au Liban, en 1982. Par la suite, c’est Sharon qui l’a successivement faite ministre de la Coopération régionale, ministre de l’Agriculture, ministre de l’Absorption des immigrés et ministre de la Justice. Et lorsque Sharon claque la porte du Likoud en 2005 pour fonder Kadima, dont Livni a écrit le manifeste, elle le suit sans hésiter. Puis, quand Ehud Olmert succède à Ariel Sharon comme Premier ministre, il nomme Tzipi ministre des Affaires Etrangères et suppléante au Premier ministre. Ce qui lui permettra peut-être de prendre sa place par intérim si Olmert est contraint de démissionner après une éventuelle inculpation dans une affaire de corruption.

Lorsqu’elle était au Likoud, Livni passait pour une des « colombes » de ce parti de droite. Elle a soutenu le plan de Sharon pour le démantèlement d’une partie des colonies israéliennes de la Bande de Gaza. Mais, comme l’a relevé le New York Times Magazine dans portrait de la ministre écrit par Roger Cohen et paru en 2007, « elle consacre une grande partie de son énergie intellectuelle à mettre Israël dans le droit chemin du weltanschauung post 11 septembre de l’administration Bush et de la mentalité du "nous-contre-eux" de la guerre contre le terrorisme. Livni veut qu’Israël en soit un acteur important et elle épouse vigoureusement le point de vue voulant qu’il faut batailler pour la liberté contre "la menace palestinienne" souvent associée à Al Qaïda et au président iranien Mahmoud Ahmadinejad  ».

Pire, le journaliste du Times écrivait au sujet de sa longue interview avec Livni : « par moments, je me demandais si elle s’était vraiment éloignée de ses racines puisant dans la tendance dure du Likoud et je ne suis même pas vraiment sûr qu’elle ait saisi la réalité » du problème israélo-palestinien et du Moyen-Orient d’aujourd’hui.

Sombre, morne et austère, Tzipi Livni dispose toutefois d’un grand atout : elle est perçue comme la « Madame Propre » d’un establishment politique pourri par la corruption. Hélas pour elle, elle n’est guère douée pour la politique de terrain, ce qui représente un sérieux désavantage face à son grand rival au sein de Kadima, Shaul Mofaz. Ce dernier a déjà visité à 150 reprises les branches locales du parti au cours des deux dernières années. Un détail important quand on sait qu’au sein de Kadima la pêche aux votes n’est pas un vain mot.

Les quatre candidats au leadership de cette formation ont tous loué les services de « collecteurs de votes »« Tzipi the Knife » professionnels et des milliers d’adhésions ont été enregistrées au siège de Kadima. Il s’agit essentiellement de nouveaux membres recrutés par les candidats afin qu’ils votent pour eux-mêmes. Tzipi Livni manque encore d’expérience dans ce genre de magouilles et, du coup, se retrouve à la traîne dans la collecte des voix. Pour pallier ce point faible et remporter la primaire de novembre, elle compte sur les sondages qui la désignent comme la grande favorite et parie sur le volonté des membres de Kadima d’avoir à leur tête une gagnante pour les prochaines élections législatives. Ce n’est pas pour rien que la presse israélienne l’a baptisée (Tzipi le Couteau). Réserve-t-elle des mauvais coups à ses rivaux ? Les rumeurs vont bon train et elle dispose de trois mois devant elle pour gagner.

 

<http://www.bakchich.info/article5077.html>


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