Mardi 2 septembre 2008
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Par L' Aviseur
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Publié dans : Inconsèquence professionnelle
Proverbe afghan
Irak, Afghanistan, chaque semaine des dizaines de civils morts par des frappes de l’Otan, sans que cela ne soit vraiment sanctionné car ça dure encore et
encore. Tragique concours de circonstances, plus de 90 civils afghans ont été tués le même vendredi 22 août, lors d’un bombardement aérien dans l’ouest du pays. En raison de la triste répétition
de ces « dommages collatéraux », l’ONU a recueilli des "preuves convaincantes" qu’un bombardement de la coalition emmenée par les Américains avait tué vendredi 90 civils, dont 60
enfants, 15 femmes et 15 hommes", a écrit Kai Eide dans un communiqué. Ce bilan est conforme à celui de la commission d’enquête mandatée par le président afghan Hamid Karzaï, après une frappe
aérienne vendredi près du village d’Azizabad, dans le district isolé de Shindand. La coalition sous commandement américain a annoncé l’ouverture d’une enquête. Le président Hamid Karzaï a, lui,
condamné le "martyre des innocents". Ces enfants afghans sont morts une deuxième fois du fait du silence assourdissant des médias sans état d’âme…
Déjà, le mardi 29 juillet 2008, deux jeunes enfants sont morts sous les balles de soldats canadiens, dimanche en Afghanistan. Ils étaient à bord d’une voiture conduite par leur père, qui
aurait ignoré les avertissements des militaires en roulant à vive allure en direction de leur convoi. Une enquête sur cette nouvelle bavure a été lancée. Le projectile d’une quinzaine de
centimètres a traversé le crâne de la fillette de 4 ans, avant d’atteindre à la poitrine le garçon de 2 ans. Selon l’organisation Human Rights Watch, au moins 300 civils afghans ont
perdu la vie l’an dernier aux mains des forces de la coalition. Des milliers d’entre eux seraient morts accidentellement depuis le début de la guerre en 2001. En fait, les bavures ou
plus pudiquement les dommages collatéraux sont devenus monnaie courante et les militaires ouvrent des enquêtes qui n’aboutissent jamais ! Les guerres d’occupation de l’Afghanistan et de
l’Irak se poursuivent avec leur cortège de morts et leur lot de destruction et de désolation. Selon Unknown News, en date du 16 juillet 2007, la situation globale se présentait
ainsi : au moins 832 962 personnes ont été tuées et 1 590 895 ont été blessés en Afghanistan et en Irak. En Afghanistan, selon le dossier concernant les victimes civiles, les bombardements
américains ont tué entre 3 485 et 4 034 civils entre octobre 2001 et juin 2004 (http://pubpages.unh.edu/ mwherold/).
Selon des données rapportées par Matrix Masters, un total estimé de 1 500 personnes ont été tuées en 2005 dans ce pays. Selon un rapport d’Human Rights Watch, en 2006, 4
400 Afghans ont été tués dont 1 000 civils. Plus de 1 900 personnes avaient été tuées au cours des huit premiers mois de l’année (Wikipedia). En 2007, on estime que 7 100 personnes
ont été tuées y compris 926 policiers afghans, 4 478 insurgés, 1 500 civils et 232 soldats étrangers (Wikipedia). En mars 2008, après plus de six ans de combat, selon les données de
l’Afghanistan Conflict Monitor, le total de ceux qui ont péri dans cette guerre dépasse les 8 000 personnes en 2007 (M. Weaver, The Guardian, 11 mars 2008). Au cours des
six premiers mois de 2008, plus de 2 100 personnes ont été tuées y compris 698 civils (Wikipedia). Nous aurions un total estimé entre 20 000 et 25 000 personnes qui ont perdu la vie en
Afghanistan entre octobre 2001 et juin 2008. (1)
Combien ces guerres ont-elles coûté jusqu’à maintenant ? Quelle est l’ampleur des dommages causés aux infrastructures ? Selon un rapport du Service de recherche du Congrès
des États-Unis mis à jour le 23 juin 2008, jusqu’au 26 décembre 2007, le Congrès a approuvé la somme totale de 700 milliards de dollars. Dans la première année de guerre en Afghanistan, le
coût financier de cette guerre s’élèverait à 1 milliard de dollars par mois. Avec l’avancée spectaculaire de l’Alliance du Nord et la prise de Kaboul, on imagine que ce coût astronomique va
bientôt se réduire… Les États-Unis ont déjà envoyé 6 000 missiles et bombes sur le sol afghan. Le coût de certains missiles s’élève à 1 million de dollars pièce. Attention à ne pas se tromper de
cible ! Les 50 000 militaires américains basés en Asie touchent en guise de motivation 150 dollars par mois… et la gloire en plus bien sûr. Personne ne gagne à faire la guerre sauf peut-être
l’industrie militaire… (2)
Selon Joseph Stiglitz et Linda Bilmes du Journal The Times, les coûts des conflits en Irak et en Afghanistan sont estimés à la somme de 3 000 milliards de dollars. Par
ailleurs, selon des chiffres gouvernementaux, quelque 1,4 million d’Irakiens se trouvent maintenant en Syrie, jusqu’à 750 000 en Jordanie, 80 000 en Égypte et quelque 200 000 dans la région du
Golfe. La Syrie, à elle seule, accueille un minimum de 30 000 Irakiens par mois (3). Quand on pense à tout le tapage fait en France et en Italie à propos de la chasse aux basanés. La France
- pays de "vieille civilisation" - arrive à traquer 25 000 clandestins par an alors que la Syrie - pays barbare au sens de la nouvelle doxa européenne - en accepte 30 000 par
mois !
Pour l’histoire, on se souvient qu’en novembre 2001, les Américains décident de chasser les talibans d’Afghanistan coupables de n’avoir pas remis Ben Laden. Depuis, la
« coalition » composée principalement d’Européens canadiens et d’Américains s’installe à demeure pour conforter le régime de Hamid Karzaï, 53 000 soldats en provenance de 43 pays
composent la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF). 300 civils sont morts l’an dernier, victimes des bavures des forces de la coalition. A l’hiver 2001-2002, ce fut la chute
du régime taliban. Mise en place d’un régime de transition qui est toujours là dirigé par Hamid Karzaï. Ce dernier est repéré dans les années 1990 par Zalmay Khalilzad - actuel représentant des Etats-Unis au
Conseil de sécurité, un Afghan de naissance. Sur ses conseils, le département d’État décide de le promouvoir comme futur président.
Le président de la République française n’a pas laissé échapper l’occasion pour faire un rapprochement entre le massacre de Maillé et l’embuscade en Afghanistan sans un mot naturellement pour la bavure qui a coûté la vie de 90 personnes afghanes dont des enfants innocents. Il explique la mission de la France par le
fait qu’il est nécessaire d’apporter la démocratie même aéroportée aux Afghans au nom de la civilisation dont seul l’Occident détient la norme : "On comprend mieux dit-il ce que veut
dire la civilisation et pourquoi il faut la défendre quand elle se trouve confrontée à la barbarie la plus totale", a lancé le chef de l’Etat, en évoquant le "sacrifice de nos
dix jeunes soldats face à ces barbares moyenâgeux, terroristes, que nous combattons en Afghanistan". En opposant la civilisation à "la barbarie la plus totale", l’humanité à
"l’inhumanité absolue", les démocrates aux "terroristes", Nicolas Sarkozy a des accents qui rappellent ceux de George W. Bush parlant de la lutte du Bien contre le Mal.
C’est sans doute pour cela qu’il sera prochainement récompensé
d’un "Humanitarian Award" par la Fondation Elie Wiesel, le 22 septembre à New York.
Bernard Kouchner et Hervé Morin ont tenté aussi d’expliquer pourquoi il faut aller en Afghanistan et y rester au nom des « valeurs
Afghanistan : la mort d’enfants au nom des "valeurs" de l’Occident
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