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La semaine dernière, des violations de la
liberté de la presse ont été observées en Israël/Territoire palestiniens, au Liban, en Somalie, en Syrie et en Tunisie.
Le 20 août, en Israël/Territoires palestiniens, l'armée israélienne a perquisitionné puis fermé trois stations de radio palestiniennes. La
fermeture des radios One FM, Al-Hurriah et Al Majd, basées à Hébron, a poussé les journalistes palestiniens de Cisjordanie et de Gaza à protester. Lors du raid, les soldats israéliens ont
arrêté le directeur de One FM, Muhammad Kafisha, et un membre du personnel d'Al-Hurriah, Mahmoud Knebi, et ont confisqué du matériel.
Au Liban, trois journalistes brésiliens, le reporter Marcos Losékan et le caméraman Paulo Pimentel de TV Globo, ainsi que Tariq Saleh, un cinéaste indépendant d'origine
libanaise, ont été arrêtés le 15 août par le Hezbollah pendant qu'ils filmaient dans un restaurant de Dahiyah, un quartier situé au sud de Beyrouth. Les journalistes ont été emmenés tous
trois à des lieux différents pour être interrogés, puis ils ont été libérés après avoir accepté d'embarquer immédiatement sur un vol pour Londres. La détention de ces trois Brésiliens est
due à la nouvelle obligation imposée aux journalistes étrangers d'obtenir une autorisation auprès du bureau de presse du Hezbollah avant de pouvoir travailler dans les territoires
contrôlés par le parti ; l'accréditation-presse délivrée par le ministère de l'Information libanais ne leur est d'aucune utilité.
En Somalie, la journaliste canadienne Amanda Lindhout et le photojournaliste australien Nigel Brennan ont été enlevés le 23 août au kilomètre 13, à l'ouest de Mogadiscio.
Le photojournaliste somalien Abdifatah Mohammed Elmi, qui accompagnait la Canadienne et l'Australien, ainsi que leur chauffeur, Mahad, ont été enlevés également. Le 24 août, on a appris
que Lindhout, Brennan, Elmi et Mahad étaient retenus par une milice dans le quartier de Suqa Holaha, au nord-est de Mogadiscio. Rien ne permet encore d'établir les motifs des
ravisseurs.
En Syrie, le tribunal correctionnel de Damas a rejeté la demande d'amnistie du journaliste Michel Kilo, qui a purgé les trois-quarts de sa peine de trois ans pour «
affaiblissement du sentiment national ». Selon la loi syrienne, Kilo rassemblait pourtant tous les critères pour bénéficier de cette libération anticipée. Ce journaliste de 68 ans, figure
emblématique de la lutte pour la démocratie en Syrie, a été arrêté le 14 mai 2006 pour avoir prôné un rapprochement entre la Syrie et le Liban et signé la déclaration « Beyrouth-Damas,
Damas-Beyrouth », une déclaration d'intellectuels syriens et libanais appelant à un bouleversement radical des relations entre les deux pays.
En Tunisie, la journaliste et fondatrice du journal clandestin Kalima, Siham Bensedrine, a été empêchée de prendre un vol pour Vienne au départ de l'aéroport de
Tunis-Carthage, le 24 août. Bensedrine, secrétaire générale de l'Observatoire pour la liberté de la presse, d'édition et de création (OLPEC) et membre du conseil de l'IFEX, venait de
passer les contrôles de sécurité et de douane lorsque des officiers l'ont interceptée à la porte d'embarquement et lui ont demandé de les suivre dans leurs bureaux. Face à son refus, son
passeport a été confisqué et la mention « annulation » a été apposée sur son tampon de sortie placé juste avant par la douane. Le 19 août, alors que Bensedrine devait déjà se rendre à
Vienne, elle a été interceptée par des policiers en civil à la douane ; ils l'ont brutalisée, jetée par terre et lui ont confisqué ses effets personnels. Au mois de mars, des agents des
douanes au port de La Goulette avaient retenu Bensedrine et son mari, Omar Mestiri, pendant six heures. Ils ont été conduits dans un bureau de police avant d'être brutalisés dans une
pièce à l'abri des regards.
En Tunisie, dans la semaine du 20 août, trois blogs ont été bloqués par les autorités, nouvelle aggravation de la censure qui s'abat sur les blogueurs et journalistes du
pays. Les trois blogs bloqués, Mochagheb (Perturbateur), Ennaged (Le critique) et Place Mohamed Ali ont couvert la mobilisation du syndicat de l'Union générale tunisienne du Travail
(UGTT), ainsi que les troubles sociaux récents à Gafsa, région minière du sud-ouest de la Tunisie, où deux personnes ont été tuées récemment. Le propriétaire du blog Ennaged a déclaré : «
D'après moi, la raison principale de la censure de mon blog est que j'ai franchi la 'ligne rouge' qui encadre tous les médias en Tunisie, en écrivant sur des sujets totalement ignorés par
les médias traditionnels ».
Sources :
- Reporters sans frontières (RSF)
- Échange international de la liberté d'expression (IFEX)
- Observatoire pour la liberté de la presse, d'édition et de création (OLPEC)
- Fédération internationale des journalistes (FIJ)
- Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ)
- Réseau arabe d'information sur les droits de l'homme (ANHRI)
- Global Voices Online
http://www.arabpressnetwork.org/articlesv2.php?id=2599&lang=fr
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