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Agent Orange Vietnam : Concerts de Musique vietnamienne

 

Vietnam les enfants de la dioxine et des Associations de France et d’Allemagne tournées vers le Viêt Nam organisent  un Concert de musique vietnamienne au profit des enfants victimes de la dioxine du Centre du Viêt Nam :

 

LILLE le 22/11/08 

STRASBOURG le 29/11/08 

STUTTGART le 6/12/08 

FRANKFURT le 7/12/08 

CAHORS le 10/12/08, Conférence d’André Bouny en levée de rideau

LYON le 13/12/08

PARIS le 14/12/08

 

Les chanteurs vietnamiens Thuy Tien, The Vinh et l’Américain Richard Fuller sont connus au Viêt Nam. Ils s’investissent pour venir en aide aux populations les plus démunies au Viêt Nam.

 

Thuy Tien, dans sa jeunesse, est atteinte d’une grave maladie qui la prive de la parole. Mue d’une forte volonté elle veut apprendre à parler. Faute d’instruments modernes qui permettent aux personnes s’entraînant à la parole de pouvoir entendre leur propre voix, elle découvre un moyen d’y remédier en mettant sa tête dans une jarre à eau et le son lui revient naturellement amplifié ! Apprendre à parler. Puis, sur la lancée, apprendre à chanter. Elle est aujourd’hui une chanteuse qui a la diction la plus juste et la plus claire. Elle est ouvrière dans une coopérative qui fabrique des articles médicaux.

 

The Vinh, très jeune, éloigné de tout lieu de soins, a perdu son bras droit. Il veut vivre comme les autres, travaillant pour financer ses études et apprendre la musique. Aujourd’hui, il est diplômé d’études supérieures en économies. Il est enseignant, joue de l’harmonica et… de la guitare.

 

Richard Fuller a écouté Trinh Cong Son en 1969 lors de sa venue au Viêt Nam… Il a conservé cette fibre. Il participe à de nombreux spectacles pour soutenir les actions humanitaires au Viêt Nam. Il s’est rendu célèbre au festival de Hue 2008.

 

*Illustration : affiche de la tournée, peinture Huy Tuyet

 

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Mercredi 14 mai 2008
par L' Aviseur publié dans : AFRIQUE ajouter un commentaire

Photo: Jaspreet Kindra/IRIN
Une femme de la communauté des Kawahlas, qui sont traditionnellement des éleveurs
EL OBEID, 13 mai 2008 (IRIN) - A plusieurs centaines de kilomètres des conflits qui couvent entre éleveurs et agriculteurs au sujet des ressources naturelles dans la région soudanaise du Darfour, les deux communautés du village de Gereigikh, dans l’Etat du Nord-Kordofan, ont appris à apaiser les tensions en plantant des pastèques.

« Nos agriculteurs ont découvert qu’à chaque fois que la tribu des Kawahlas [une tribu d’éleveurs par tradition] amenait son bétail dans leurs champs, le crottin de leurs bêtes permettait d’améliorer la production. Alors, les membres de la tribu des Gawamhas [agriculteurs par tradition] se sont mis à planter des pastèques pour attirer les bêtes dans leurs champs », s’est souvenu Ad-Dokhri el Sayed, chef de la communauté de Gereigikh, situé à une centaine de kilomètres au nord-est d’El Obeid, la capitale du Nord-Kordofan.

« La situation s’est nettement améliorée. Aujourd’hui, tout le monde vit en paix ; nous n’avons jamais de problèmes », a-t-il dit.

Le Soudan, essentiellement composé de terres arides ou de désert, se trouve au Sahel, la région la plus vulnérable du monde à la sécheresse, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Dans ce pays, la question des terres et du droit de pâturage a toujours provoqué des tensions entre les nomades et les agriculteurs, selon le document de présentation d’un projet de résolution des conflits, rédigé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

« Dernièrement, toutefois, certaines régions du pays se sont trouvées aux prises avec un enchevêtrement complexe de sécheresses graves et de ressources de plus en plus rares », a noté le document.

En conséquence de cela, la sollicitation excessive de ressources insuffisantes, telles que l’eau ou les pâturages, est devenue l’élément déclencheur d’une majorité des conflits, et le changement climatique devrait aggraver la situation.

Coexistence pacifique

Mais la relation traditionnellement explosive entre les agriculteurs et les éleveurs n’a jamais pris les proportions d’une véritable crise au Nord-Kordofan, car les communautés ont trouvé le moyen de cohabiter.

Il y a plusieurs dizaines d’années, les membres de la tribu des Kawahlas vivaient près d’Iyal Ali, un village essentiellement peuplé de Gawamhas, et situé à moins de 100 kilomètres d’El Obeid. Ils se sont ensuite installés dans le village, et font aujourd’hui partie de la communauté, au sein de laquelle ils contractent même des mariages mixtes.

Même après plusieurs tasses de chaï (thé), les villageois ont peine à expliquer comment ils ont réussi à préserver la paix, alors même que les tribus des Etats voisins en viennent souvent au conflit.

Gasmalla Mohammed, un Kawahla qui vit au village avec sa famille, a proposé l’explication suivante, le sourire aux lèvres : « Tout dépend des personnes. Si vous voulez créer des problèmes, vous n’avez qu’à réagir à chaque commentaire ou à chaque réaction furieuse ; si vous ne le faites pas, alors, il n’y a pas de problème ».

« Les deux communautés du Nord-Kordofan ont construit une relation symbiotique : elles ont des relations sur la place du marché, des relations qui portent sur l’approvisionnement en fumier, en main-d’œuvre, elles s’achètent du bétail », a expliqué Faysal Eljack de SOS Sahel Royaume-Uni, une organisation non-gouvernementale (ONG) d’aide au développement, partenaire du PNUD, qui met en œuvre le projet de résolution des conflits élaboré par l’agence onusienne. « Ces relations se sont renforcées au fil des années ».

''...La situation se complique toujours lorsque la politique s’en mêle, comme c’est le cas ailleurs au Soudan ; ici [au Nord-Kordofan], il n’y a pas d’ingérence politique...''
Les deux communautés sont devenues économiquement dépendantes l’une de l’autre, en particulier pendant les périodes de sécheresse, a observé Soumaya Zakieldinne, de l’Institut d’études environnementales de l’université de Khartoum, la capitale soudanaise.

En effet, au cours de l’évaluation d’un projet d’adaptation au changement climatique, Mme Zakieldinne et trois autres chercheurs ont découvert que les agriculteurs de Gereigikh vendaient souvent de l’eau aux tribus migrantes.

Les éleveurs avaient également tendance à rester plus longtemps sur place en raison du lien, avantageux pour les deux parties, qui se créait avec les agriculteurs. « Les éleveurs fournissent aux agriculteurs des produits laitiers tels que du lait, du beurre et du fromage, et les agriculteurs leur donnent des produits agricoles ».

Les agriculteurs de la région cultivent du mil, du sorgo, des légumes et des cultures de rente, telles que le sésame et l’hibiscus.

Le risque subsiste

Malgré tout, le risque de conflit subsiste, généralement au sujet des bêtes qui paissent sur les terres d’assolement et du partage des points d’eau avec le bétail des éleveurs.

« Jusqu’ici, ils ont l’air d’avoir su bien gérer tout cela parce que le système tribal, selon lequel les chefs traditionnels arbitrent les conflits, est très présent dans la région », a expliqué Mme Zakieldinne.

Les querelles les plus graves ont lieu pendant la période de soudure, entre les éleveurs qui migrent en provenance du Sud-Kordofan et les agriculteurs du nord.

« Ces éleveurs possèdent souvent leurs propres terres dans le sud et migrent vers le nord tout simplement pour échapper aux rigueurs du climat : les couloirs pastoraux, également baptisés parcours de transhumance, font partie des principales zones de conflit dans ce type de cas », a indiqué M. Eljack.

« Ces parcours sont des couloirs reconnus, empruntés par les éleveurs pour déplacer leurs bêtes (essentiellement du bétail et des chameaux) entre les pâturages saisonniers, à travers les zones cultivées », selon le document du PNUD. « Ces itinéraires existent depuis longtemps au Nord-Kordofan et certains d’entre eux seraient même centenaires. Ils sont généralement entourés de terres cultivées et mesurent entre 20 et 200 mètres de largeur, selon l’intensité des cultures et la présence ou non de villages ».

Un climat plus chaud et moins pluvieux

Face au changement climatique, qui devrait, selon les prévisions, provoquer une diminution croissante des ressources, les communautés qui boivent ensemble le chaï de la paix au Nord-Kordofan pourraient avoir des leçons à donner aux Etats voisins.

D’ici à l’an 2060, les températures devraient augmenter de 3,1°C au mois d’août (pour atteindre en moyenne 31°C), et de 1,1°C à 2,1°C au mois de janvier (pour atteindre en moyenne 23°C). Les précipitations devraient quant à elles diminuer d’environ six millimètres par mois pendant la saison des pluies, « ce qui est plutôt critique, puisque la région n’enregistre, au total, que 300 millimètres de précipitations mensuelles », a indiqué Mme Zakieldinne.

« Mais c’est la répartition et la fréquence de ces 300 millimètres de précipitations mensuelles prévues qui sont encore plus critiques », a-t-elle noté. « Les villageois de la région du Nord-Kordofan nous ont signalé qu’il n’y avait parfois qu’une seule averse : l’allongement des périodes entre deux averses a d’ailleurs commencé à se répercuter sur la couverture végétale et la production agricole ».

Selon Mme Zakieldinne, le raccourcissement des périodes de précipitations nuit aux cultures hivernales, telles que le blé dans la région de Bara, située à une soixantaine de kilomètres d’El Obeid.

Selon Balgis Osman-Elasha, chercheur principal au Conseil supérieur du gouvernement soudanais sur l’environnement et les ressources naturelles, la sécheresse menace la poursuite des activités agricoles menées sur quelque 12 millions d’hectares de terres agraires non-irriguées mécanisées, et sur 6,6 millions d’hectares de terres non-irriguées traditionnelles ; les groupes d’éleveurs et de nomades des régions semi-arides du Soudan sont également touchés.

« Les gens oublient souvent que la lutte [des populations] pour l’obtention de ressources insuffisantes telles que l’eau et les pâturages, conséquence du changement climatique, fait partie des facteurs déclencheurs du conflit au Nord-Soudan », a expliqué M. Osman-Elasha, un des principaux auteurs du rapport du GIEC sur l’adaptation au réchauffement climatique.

Dans son rapport publié en 2007 et intitulé « Sudan: Post-Conflict Environmental Assessment » (« Soudan : Evaluation environnementale post-conflit »), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a expliqué que « l’ampleur du changement climatique observé jusqu’ici au Nord-Darfour est presque sans précédents : la réduction des précipitations a transformé des millions d’hectares de pâturages semi-désertiques déjà marginaux en désert ».


Photo: Jaspreet Kindra/IRIN
L'eau, une ressource précieuse dans la région aride du Nord-Kordofan
« L’impact du changement climatique est considéré comme directement lié au conflit qui sévit dans la région, la désertification ayant considérablement aggravé les pressions exercées sur les moyens de subsistance des sociétés pastorales, les contraignant à se déplacer vers le sud pour trouver des pâturages », selon le rapport.

Les scientifiques de la région ont toutefois noté qu’en comptant le réchauffement climatique parmi les éléments déclencheurs du conflit, ils ne cherchaient nullement à nier l’existence d’autres facteurs, tels que la domination économique, politique, sociale et militaire du pays par une élite restreinte, établie dans le nord du Soudan.

Plus que des pastèques

« Les querelles [au sujet des ressources] qui ont lieu au Nord-Kordofan sont plus faciles à résoudre, et sont peut-être moins compliquées que d’autres, qui ont plusieurs facteurs déclencheurs », selon M. Osman-Elasha.

Pour M. Eljack de SOS Sahel Royaume-Uni, « la situation se complique toujours lorsque la politique s’en mêle, comme c’est le cas ailleurs au Soudan ; ici [au Nord-Kordofan], il n’y a pas d’ingérence politique ».

Le débat est un mode de vie au Soudan et la médiation traditionnelle (les séances de « joudiyya ») permet souvent d’apaiser les tensions. L’objectif d’une séance de « joudiyya » est « moins de déterminer la vérité de la situation que d’en arriver à un point où les deux parties acceptent la définition de ce qui s’est passé », selon le document du PNUD.

« Pour ce faire, il est important de posséder des compétences rhétoriques, d’en appeler à la sagesse des parties et à leur honneur, mais ce processus est également politique, et les deux parties sont contraintes de se mettre d’accord ».

Selon les autorités locales du Nord-Kordofan, les querelles entre Kawahlas et Gawamhas sont plus faciles à résoudre car les deux tribus « ont les mêmes racines : elles sont toutes deux arabes ».

Les tribus du Nord-Kordofan pensent qu’elles devraient partager trois ressources : l’eau, les parcours et le feu, « conformément à leurs principes religieux et culturels », ont indiqué les chercheurs dans leur évaluation du changement climatique.

« Ces tribus vivent selon ce mode de vie depuis plusieurs siècles, car chacune sait que l’année suivante risque d’être une année de vache maigre pour ses membres et qu’ils pourront avoir besoin de faire appel à la tribu voisine pour partager ses ressources. C’est pourquoi ce principe (aidez vos voisins lorsque vous le pouvez) s’applique toujours », a expliqué Ahmed Hanafi, l’un des chercheurs.

L’entretien de la couverture végétale dans les couloirs de transhumance pourrait également permettre de réduire les risques de conflit, en permettant de limiter le risque de voir le bétail des éleveurs s’aventurer sur les terres d’assolement, selon Mme Zakieldinne.

« Les communautés doivent renforcer leur relation, avantageuse pour les unes comme pour les autres ».

Le renforcement des liens sociaux par le biais des mariages mixtes a déjà permis d’accomplir certains progrès : « de nos jours, il est presque difficile de distinguer un Kawahla d’un Gawamha dans certains villages », a déclaré M. Hanafi.

Et puis, personne ne souhaite qu’un nouveau Darfour ou qu’un nouveau Tchad ne vienne interrompre les pauses thé quotidiennes des communautés.


Pastèques, conflits et changement climatique au Soudan
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