Lundi 12 mai 2008
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Par L' Aviseur
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Publié dans : COMMENTAIRES
Par Luc Mandret, qui, inquiet de vour Besancenot jouer le rôle d'épouvantail, appelle à un rassemblement de la gauche, du centre-gauche, du centre, pour
construire un véritable débat positif, au sein d'un nouveau think tank : le LCC.
Luc Mandret - DR -
François Mitterrand, en fin stratège politique, a joué avec le feu. Voulant déstabiliser la droite républicaine, l'ancien président socialiste de la République
voyait dans le Front National une occasion unique : diviser l'adversaire. Plus le FN remportait de suffrages, plus le nombre de voix pour le RPR s'asséchait. On peut considérer que
l'instauration du scrutin à la proportionnelle en 1985 en est une preuve tangible, et l'une des causes de la démission de Michel Rocard du gouvernement.
Dangereux pari : diviser pour mieux régner, au risque de renforcer les extrémismes. Nicolas Sarkozy n'adopterait-il pas la même stratégie ? Après avoir récupéré les voix frontistes, ne
veut-il pas faire d'Olivier Besancenot son Jean-Marie Le Pen de demain ? Plus Besancenot monte dans les sondages et prend des voix à la gauche traditionnelle, plus les partis de la gauche se
fragilisent.
Dans les années 80, certains membres et cadres du RPR s'installent à l'aile droite du parti, n'hésitant pas à nouer des alliances avec le FN. Des députés RPR militent alors fermement pour la
"dédiabolisation" du Front National. D'autres prennent la direction de régions avec les voix des conseillers régionaux frontistes.
A quoi joue donc l'aile gauche du Parti Socialiste ? Ne risque-t-on pas demain de voir des élus et cadres du PS s'allier avec la LCR ou LO ? Naïfs sont-ils pour ne pas comprendre que soutenir
l'extrême gauche aide pleinement Nicolas Sarkozy dans sa stratégie de division.
Que ces socialistes, prêts à sympathiser avec la LCR, se souviennent : en 2002 Arlette Laguiller refuse de donner une consigne de vote pour le second tour,
mettant idéologiquement Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen dans le même bateau. S'ils sont les meilleurs ennemis du monde, les divergences entre LO et la LCR ne tiennent plus volontiers à
des raisons d'égo qu'à des raisons politiques.
Plus récemment, regardons du côté du Parti Socialiste. Ou comment un Bertrand Delanoë - refusant une alliance avec le MoDem dans le 5ème arrondissement de Paris - préfère assurer la
réélection de Jean Tibéri. Bien que le MoDem ait sa part de responsabilité, Bertrand Delanoë n'a pris cette décision que par soucis de stratégie interne au Parti Socialiste. Alors même que
nombre de socialistes critiquent sa politique trop droitière dans la gestion de Paris, le maire de Paris refuse les alliances avec le centre, pour marquer frontalement sa différence avec
Ségolène Royal !
Sur des blogs de gauche, j'ai pu rencontrer le sectarisme de certains. Selon eux puisque je suis au MoDem, je ne serais pas de gauche. Sauf que, et je ne cesse de le répéter, je me positionne
clairement à l'aile gauche du MoDem. Où commence le centre-gauche, où s'arrête la gauche ? Je pense que les notions de gauche et de droite ont encore beaucoup de sens. Mais que les partis
politiques, eux, s'en sont éloignés. Que l'on peut être, tout en militant au MoDem, de gauche sur certains sujets et de droite sur d'autres ; que l'on peut militer au PS et être de droite sur
encore plus de sujets.
Face au sectarisme d'une partie de la gauche, je propose donc de nous rassembler. De gauche, du centre-gauche, du centre. Construisons un véritable débat
positif. Sujets après sujets, sur quoi nous retrouvons-nous ? Quelles sont nos valeurs communes ? Quelles lois pourrions-nous voter ensemble ? Dans nos programmes, quels sont les points de
convergence ? La question n'est plus : comment travailler ensemble ; la question est : sur quels sujets ? Et je suis persuadé que les sujets sont nombreux.
Afin de regrouper celles et ceux souhaitant participer à cette réflexion, afin de proposer une alternative crédible et audible à la droite sarkozyste, nous avons décidé, avec mon camarade
Ronald, de créer les LCC : Left & Center Citizens. Plus qu'un rassemblement de militants, un think-tank de citoyens, encartés ou
pas, associatifs ou pas, blogueurs ou pas, vous êtes les bienvenu(e)s, dans le respect de nos parcours et de nos différences, dans la volonté d'avancer.
Left & Center Citizens (LCC) : le groupe Facebook.
Left & Center Citizens (LCC) : le groupe Google.
Left & Center Citizens (LCC) : le journal CoZop pour les blogueurs.
Retrouvez le blog de Luc Mandret
Dimanche 11 Mai 2008 - 18:00
Luc Mandret
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Séguéla donne le baiser de la mort à Besancenot
La révolution doit-elle obligatoirement passer par le canapé tout rouge de Michel Drucker ou ce menu détail actera-t-il pour toujours le renoncement de la LCR
à ses dernières utopies. Séguéla est pour la révolution sur canapé…rouge. L'honneur est sauf !
Olivier Besancenot doit-il aller faire le beau chez Michel Drucker et applaudir Charles Aznavour ? L'affaire pourra sembler dérisoire. Elle l'est, à
l'évidence. Pourtant, le diable on le sait se niche dans les détails. Aussi, le simple fait qu'Olivier Besancenot accepte de s'asseoir sur le confortable canapé rouge de Michel Drucker
est l'occasion de s'interroger sur la stratégie médiatique qui anime les trotskystes de la LCR depuis le début des années 60 et surtout sur la légèreté de cette stratégie.
Les gaudrioles de Canal
Dans leur rapport aux médias, Alain Krivine et la LCR avec lui ont toujours prôné un « compromis sans compromission ». La formule est aussi belle
qu'elle est illusoire. Chacun sait à quel point les médias sont aujourd'hui des puissances d'argent, dépendants de multinationales, cibles pourtant premières de la LCR et ô combien
épargnées par cette dernière.
Toutes choses que la LCR fait semblant d'ignorer, n'ayant jamais inclus les multinationales médiatiques dans sa liste noire de suppôts du grand capital, ni développé une théorie
fondamentalement critique des médias, à l'inverse d'autres mouvements proches de l'extrême gauche, relevant de la galaxie bourdieusienne (Acrimed, Monde
Diplomatique, Le Plan B etc.). Acrimed s'est montré plutôt sévère vis à vis de la faiblesse des propositions de
la LCR sur les médias en 2007. Le Plan B lui beaucoup moqué des passages de
Besancenot dans les émissions de Laurent Ruquier, ou aux « Grosses Têtes »…
Moins qu'un people, Olivier Besancenot est un homme de télévision. Encore récemment, on le voyait faire l'acteur dans l'émission Groland de Canal Plus. Chaine censément anti conformiste
du Paf, propriété aussi du groupe Vivendi. C'est dire à quel point la LCR s'est appropriée les codes de l'audiovisuel.
La suppression de TF1 ?
Le documentariste et journaliste Pierre Carles tient un discours autrement plus
radical qui dit bien la légèreté du positionnement de la LCR : « Canal+, qui a censuré mon premier film, se complaît dans la gaudriole, la satire
inoffensive. Une démarche radicale consisterait à exiger la suppression de certains de ces médias. Pour supprimer TF1, il suffit de se référer au programme du Conseil national de la
Résistance ».
Des propos, qui mêmes édulcorés, paraissent inimaginables dans la bouche d'un Besancenot. Lors de la présidentielle, seul François Bayrou avait osé taper sur les mandarins de
l'information. Besancenot, lui, est un invité incontournable des talks-shows aux côtés de ses potes de la scène Rap ou des nouveaux comiques. La Ligue sait qu'elle n'a pas à se plaindre
du traitement qui lui est réservé. Par cet aveuglement d'opportunité, elle frise l'inconséquence.
Un média de dépolitisation
Pour se justifier, la LCR argue que les milieux populaires seraient tellement dépolitisés que, pour rétablir le contact avec eux, les responsables politiques seraient contraints de jouer
les vedettes dans des émissions de variétés. Le philosophe Marcel Gauchet récuse cette chimérique ambition : « la télévision est le média d'une société
de gens qu'on tente de dépolitiser en en faisant des spectateurs de la vie sociale beaucoup plus que des acteurs. Elle est à l'origine d'une démobilisation inattendue de nos sociétés,
tant sur un plan politique que, plus profondément, civique ». C'est précisément en abusant de cette mise en avant d'une image consensuelle que la LCR participe de la dépolitisation
de son propre message. Si la presse écrite est bien un contre-pouvoir qui implique une démarche active, par nature la télévision est un pouvoir de consommation passive qui participe bien
plus de l'aliénation des masses laborieuses que de leur libération. Si la Ligue croit encore en l'utopie révolutionnaire, la moindre des choses serait de prendre en compte qu'elle ne
saurait se réaliser en collaboration avec les puissances de l'audiovisuel, qui sont aussi et avant tout des puissances d'argent.
Besancenot bankable
Présentant un trotskisme accessible, une révolution acceptable, Olivier Besancenot parvient certes à tenir un discours socialement radical dans les médias, rarement relayé mais pas
dérangeant pour autant. Evoquer la misère dans les termes les plus crus reste un instrument du divertissement, une participation au spectacle...
Preuve en est : Bouygues et Vivendi redemande du Besancenot. Le facteur de Neuilly en plus d'être un révolutionnaire présentable est bankable.
Besancenot-Sardou : même non-combat
Le simple fait que la société de production de Michel Drucker ait pu, ne serait-ce qu'envisager d'inviter un militant révolutionnaire sur son plateau dit bien à quel point le message
révolutionnaire est devenu inoffensif. A peu près aussi inoffensif que les couplets additionnés de tous les Florent Pagny de la terre. Le chien de Drucker ne mouftera pas et dormira sur
ses deux oreilles aussi paisiblement que quand Drucker invite son ami Michel Sardou.
Séguéla : « la consécration d'une star politique »
En qualifiant de « consécration », le passage de Besancenot à Vivement Dimanche, le publicitaire sarkozyste Jacques Séguéla donne, à sa manière, le baiser de la mort au facteur de
Neuilly. « On assistera dimanche à la consécration d'Olivier Besancenot comme star politique à temps plein ! Vivement dimanche est une émission qui n'est
pas trash, et où passent les grands hommes politiques » s'extasiait Séguéla dans une interview à 20 minutes.
Le Figaro est conquis !
Même Le Figaro, qui a pu assister à l'enregistrement de l'émission a trouvé là une incarnation finalement très rassurante de la révolte. Au point de consacrer une page enthousiaste ; « ce jeune de son temps », véritable « gendre idéal » issu de la « gauche qui ne
lâche rien »…Sur sa vie privée, il n'a certes rien lâché, nous dit le journal de l'avionneur Serge Dassault. Certains extraits de l'article disent quand même que l'atmosphère
n'était pas au Grand Soir : il a pu dénoncer « en toute tranquillité la grande distribution qui se fait des couilles en or » -on retiendra la
tranquillité- ; dans la salle une cinquantaine de personnes « choisies par la direction de la LCR » ; « un
chauffeur de salle pour apprendre à applaudir bien fort » ; le compliment le plus lourd à porter, venant, comme souvent de Drucker lui-même : « il occupe l'espace ». Dur, très dur constat quand le message révolutionnaire se limite à occuper l'espace…On entend déjà les souffles rassurées des bonnes
dames de Neuilly et des Champs-Elysées : « C'était donc ça les chars de l'armée rouge aux portes de Paris…Ca a l'air bien ! ».
Jospin : Drucker ou l'élysée ?
Pied de nez de l'histoire –et pas des moindres- le seul trotskiste a avoir jamais refusé de se rendre chez Michel Drucker est un certain Lionel Jospin en décembre 2001. « Il était invité mais il a tergiversé et finalement il n'est pas venu. Quand on sait que, le 21 avril 2002, seulement 194 000 voix le séparaient de Le Pen… »
dira Drucker dans sa biographie. Si seulement l'Histoire repassait les plats… Drucker ferait élire Jospin !
Vaste plaisanterie tout juste digne d'un professionnel indéboulonnable de l'industrie du spectacle qui prend toutes ses vessies pour des lanternes. Jospin, aussi critiquable soit-il par
ailleurs, avait compris que la dimension politique du défi à relever était d'une toute autre ampleur que la qualité d'une simple prestation télévisuelle entre le thé, le café et la sieste
du dimanche chez Papy Drucker. Besancenot croit le contraire. Evidemment, il s'en tirera avec les honneurs. Le « trotskiste à bicyclette » est un « bon client » et déjà une victime
certaine du « grand tombeau à paillettes » selon l'expression de l'écrivain Philippe Muray. Tout ça pour ça. La stratégie médiatique d'un parti
révolutionnaire validée par le plus servile des conseillers sarkozystes du dimanche, et accessoirement patron d'Havas. La ligue n'en demandait sans doute pas tant. En d'autres temps,
Séguéla disait la même chose de Sarkozy qui avait suivi ses conseils, à ceci près que le président n'a jamais caché son souci de gagner en notoriété bien plus que de diffuser un
quelconque message politique. Face au télé-président, Besancenot se mue de plus en plus en télé-opposant…où seul le préfixe compte.
Samedi 10 Mai 2008 - 12:48
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