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Une décision qui taraude les hautes sphères du pouvoir, mais intéresse fortement l’administration américaine. D’autant plus que c’est la commission parlementaire chargée de veiller au respect des règles dans l’administration qui a sollicité le juge Mika Lindenstrauss! Dans les médias, elle a éclipsé le sommet de la Ligue arabe à Damas!
Rappelons que Jonathan Pollard, officier dans les services de renseignements de la Navy, constatant qu’un tri était effectué dans les informations sur les pays arabes communiquées aux Israéliens, a pris contact avec un service particulier de l’ambassade, dépendant directement du Ministère israélien de la Défense. Pendant plus d’un an, il a alimenté ce service d’informations de première main : photos satellites de bases militaires arabes, de la Libye à l’Iran. Les photos du quartier général de l’OLP à Tunis ont, par exemple, permis le raid israélien d’octobre 1985.
Mais ces fuites laissaient des traces. Finalement, Jonathan Pollard n’était qu’un espion amateur. Le FBI a rapidement remonté jusqu’à lui. Un matin, alors que Jonathan Pollard et son épouse quittaient leur domicile, ils ont repéré des voitures autour de leur maison. Le couple a immédiatement appliqué les consignes d’urgence. Il a rejoint l’ambassade d’Israël. Au bout d’un laps de temps relativement court, l’officier de sécurité a enjoint au couple de quitter l’ambassade.
Ayant avoué les faits qui lui étaient reprochés, sans révéler les noms de ses officiers traitants (ils étaient trois, dont l’un est actuellement ministre) Jonathan Pollard était passible d’une peine de prison sévère. Coup de théâtre, le secrétariat à la Défense présentait au tribunal un document confidentiel qui aggravait le cas de Jonathan Pollard. A l’arrivée, la réclusion à vie. C’était en 1986.
Depuis, tous les gouvernements israéliens ont tenté d’infléchir la position américaine. Sans succès. L’auteur de ces lignes envisageait, c’était en 2006, qu’il n’était pas impossible que les Américains, pour donner une réelle impulsion au processus de paix israélo-palestinien, se laissent tenter par un troc Pollard-Bargouti. Nous savons, aujourd’hui, qu’Ariel Sharon y avait pensé. Courant 2005, il avait demandé à son conseiller politique, Dov Weissglas de sonder Condoleezza Rice. La réponse de celle-ci fut brève : ” Oubliez!” Et l’on sait aussi, à présent, que Bill Clinton était prêt à un geste de bonne volonté, pour permettre à Binyamin Netanyahou, Premier Ministre, de faire avaler à ses partenaires récalcitrants l’accord conclu avec Yasser Arafat. Pas moins de quatre secrétaires à la Défense, dont l’actuel vice-président Dick Cheyney, ont fait pression sur lui pour qu’il renonce à un tel geste, tandis que des généraux menaçaient de démissionner en bloc.
A Washington, deux raisons sont avancées quant à cette attitude intransigeante. Et d’une, l’opinion publique ne suivrait pas, qui voit en Jonathan Pollard un officier qui a failli à ses obligations. Et de deux, le FBI estime que Jonathan Pollard détient encore des informations pertinentes. Donc, pas question de le relâcher avant terme.
Les proches de Jonathan Pollard, en particulier sa deuxième femme Esther, ont mené, mènent encore campagne sur
campagne pour obtenir sa libération. Les différents chefs de gouvernements israéliens et ministres ont été par eux accusés de laxisme, sinon d’indifférence. Ce qui n’est pas. Après avoir
longtemps joué à l’autruche, Israël a finalement reconnu avoir été l’employeur de l’ex-officier américain. Depuis, celui-ci a été, est toujours dédommagé financièrement. Jonathan Pollard et sa
femme Anne ont perçu quelques 275 000 dollars. Davantage pour le couple actuel.
Alors, sur quoi peut porter une enquête du contrôleur de l’Etat, l’ancien juge Lindenstrauss, sollicité par la commission parlementaire afférente? Sur les conditions du recrutement de Jonathan
Pollard ? Sur les responsabilités de ses officiers traitants ? Sur le degré d’implication de l’échelon politique, à savoir le trio Shamir-Pérès-Rabin à l’époque ? Sur le coût de l’opération ? Son
bien-fondé ? Sur les raisons qui poussent les Américains à une intransigeance absolue, eu égard à la faute commise ? Pour établir quoi qui n’est déjà su ? Et puis, est-ce bien le rôle de cette
institution, utile et efficace par ailleurs, de se pencher sur une affaire dont les règles ne relèvent pas du droit administratif ou public ? Si oui, il lui faudra se demander aussi si tout le
tumulte créé n’a pas contribué au durcissement des Américains dans une affaire où, c’est connu, la discrétion est un atout.
Sources Israel Valley
Posté par Adriana Evangelizt
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